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 Childish War ∞ Aaron

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MessageSujet: Re: Childish War ∞ Aaron   Lun 3 Juil 2017 - 12:18

« Empoisonner un esprit » : ça, c’est de la formule ! Une idée de quelque chose qui viendrait le ronger de l’intérieur, lentement mais inexorablement sans qu’il s’en rende compte. Bien plus raffiné que simplement « pourrir la vie », moins frontal. Plus excitant. J’ai bien trouvé mes mots, tiens !

Mon autosatisfaction et ce retournement de situation me procurent un sentiment de puissance grisant, bien au-delà de tout ce que j’ai vécu ces dernières semaines, et même ces dernières années – depuis que j’ai fait comprendre à Cooper que ce n’était pas un planqué et un pistonné dans son genre qui allait m’apprendre à être un homme. C’est vrai, en fait, ces bêtises sur les contraires qui se font ressortir l’un l’autre, la laideur qui fait apprécier la beauté, les ténèbres qui font apprécier la lumière, toutes ces niaiseries. Être passé aussi près de la défaite me permet de savourer encore plus cette victoire. Voilà ce que je cherchais depuis des semaines en errant dans Inazami. Mais une fois, ça ne me suffira pas. Maintenant que j’ai trouvé le gars capable de me faire ressentir ça, hors de question de le laisser filer !

- Va bien te faire mettre !

Il ne s’avoue pas vaincu. Son regard et sa voix, même en dehors de son volume, ne trompent pas. Mais là, je le tiens bien, et il le sait parfaitement puisqu’il ne se débat pas. Je réplique presque joyeusement :

- T’es en position de donner des ordres ?

Il m’ignore. Ferme les yeux, se mord la lèvre. Elle saigne, elle aussi. Par mimétisme, je me passe la langue sur ma propre plaie. Œil pour œil. Tu es prévenu : tout ce que tu me feras subir, je te le rendrai. Avec les intérêts, si tu insistes.

Quand il reprend la parole, sa voix est plus maîtrisée. Elle est loin d’être chaleureuse, ou même calme, mais il reprend peu à peu le contrôle. Il réussit même à me regarder dans les yeux de nouveau : le défi est revenu. Je resserre un peu ma prise et tends mes muscles, prêt à encaisser toute tentative de fuite. Mais elle ne vient pas.

- Une vie pourrie ou un esprit empoisonné, c'est du pareil au même. C'quoi ton problème ? Pourquoi tu fais ça ?

Très bonne question. Ou très mauvaise. En tout cas, elle me surprend. Je ne m’attendais pas à ce que la conversation se mette à voler aussi haut.

- Parce que je m’emmerde, réponds-je après quelques secondes de blanc.

Les mots ont jailli seuls hors de ma bouche, comme si mon temps était écoulé et qu’il fallait absolument que je réplique quelque chose. Ça aurait pu suffire, comme explication, ou simplement pour remettre le chronomètre à zéro et me donner le temps de réfléchir, pourtant je continue à déballer mon sac. Tout en m’entendant répondre, incrédule, je me demande ce qui peut me pousser à me confier ainsi. Même à mon psy, je lui dirais pas tout ça. Si j’avais un psy. Et c’est pas franchement ni le moment ni l’endroit pour une thérapie. Mais faut croire que la frustration accumulée a besoin de s’évacuer.

-  Les voleurs à la petite semaine, les ados qui dealent de l’herbe ou font du compensated-dating pour de l’argent de poche, les salarymen qui se lâchent un peu trop le vendredi soir… C’est du menu fretin lobotomisé. Mais toi…

Je m’interromps, comme pris d’un doute, et je me penche plus vers lui pour l’observer de plus près. Finalement, je me redresse et ricane :

- Toi, félicitations ! Ton cerveau a l’air entier. Alors autant en profiter. Rendre les choses intéressantes, pour une fois. Stimulantes. Je ne vais pas me contenter de te faire chier : je veux que tu entres dans le jeu.

Autour de nous, les bruits s’intensifient. Des claquements de pas, pressés ou nonchalants ; des éclats de voix ; quelques bruits de bagarres, un peu lointains. Pour une raison ou une autre, le coin devient plus animé. Ou alors, il l’a toujours été, je n’y avais pas fait attention et on a simplement eu de la chance de ne pas se faire interrompre. Dans tous les cas, il vaut sans doute mieux ne pas trop tirer sur la corde, éviter de s’éterniser. Si des témoins rappliquent, je n’aurai pas d’autre choix que l’arrêter, et je n’ai pas encore envie d’en arriver là.

Je le lâche, me relève et m’éloigne de quelques pas, les bras écartés pour lui faire comprendre qu’il est libre, que je ne tenterai rien. Mais avant de le laisser filer, je veux tester quelque chose. J’ai aperçu son bouton, un peu plus tôt, il faut que je le confirme avant qu’il m’échappe.

- Va-t’en, maintenant. Mais ne crois pas pouvoir m’échapper. Je vais pas te lâcher. Je ne te laisserai pas m’oublier.
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MessageSujet: Re: Childish War ∞ Aaron   Ven 7 Juil 2017 - 20:13


Je ne décolère pas. Je sais pourtant que tout ça ne mène à rien, je suis conscient d'alimenter le brasier de ma haine qui gronde, quelque part au fond de moi ; engendrant la frustration déchirante face à un constat pathétique : je suis incapable de me contrôler. Comme un animal sauvage et esseulé. La rage qui m'anime est trop forte, elle m'ensevelit et me retient captif, j'ai l'impression que quelque chose de monstrueux m'écrase la poitrine pour briser ma cage thoracique.
D'ordinaire, je laisse le flou me gagner. Je frappe, fais pleuvoir les coups jusqu'à ce que le carmin se mêle au torrent, que le démon aliéné soit rassasié. Les os craquent, les coups s'abattent par impacts réguliers, et puis la colère finit par se lasser. Tout devient calme. Je contemple les dégâts et déplore que personne ne m'ait arrêté.

Mais aujourd'hui, en cette nuit de dépravation ordinaire et de cognitions alcoolisées, on m'a arrêté. Et bordel, c'que c'est frustrant... Les poignets prisonniers, le corps à terre, la douleur lancinante qui irradie mon visage avec langueur, et surtout, surtout, ce silence. Atroce. J'observe Steve, le dévisage avec cette expression maintenant coutumière lorsque je pose mon regard sur lui : le dédain. Le dégoût. J'attends, la fébrilité latente, qu'il daigne répondre à mes foutues questions, je veux savoir, pour mettre un terme à mes introspections.

Et puis la réponse est dévoilée, m'arrachant un sentiment de consternation abyssal. Il s'emmerde. Donc je suis un jouet, un pantin qu'on s'amuse à désarticuler ? Encore ? Je détourne silencieusement le regard, l'air las. Atterré par ce ramassis de psychopathes que j'attire pourtant comme des aimants. J'aurais pu être flatté par l'importance que m'accorde Steve, qui poursuit son monologue comme si j'en avais quelque chose à foutre, mais j'aurais préféré être invisible ou bien ne jamais l'avoir croisé. Un problème supplémentaire, comme si j'en avais pas assez.

Toi, félicitations ! Ton cerveau a l’air entier. Alors autant en profiter. Rendre les choses intéressantes, pour une fois. Stimulantes. Je ne vais pas me contenter de te faire chier : je veux que tu entres dans le jeu.

Je marmonne alors, ma voix animée par la rancœur :

T'iras jouer avec tes potes squelettiques quand je t'aurais tué...

Je serai même ravi de creuser sa tombe. Dans un petit coin tranquille, pour qu'il se sente comme chez lui. Pourquoi pas dans une déchetterie ? Il se décomposerait dans l'ombre, et il tomberait dans l'oubli.

Je soupire.
Quelles conneries est-ce que je raconte, sérieusement ? Je joue le mec trop détaché alors que je suis à l'origine de nos rencontres répétées, je crache une litanie de plaintes en sachant pertinemment que j'ai cherché la merde, que je l'ai cherché lui, et que j'oublierai pas si aisément sa tronche de fou furieux sous prétexte de l'avoir enterré. Il m'a déçu, ok. J'ai découvert que, ouah, il est humain, et qu'il n'a rien de sensiblement différent qui le démarque de la masse. Mais qu'est-ce que j'attendais, au fond ? Je savais très bien que nos courses-poursuites allaient engendrer une confrontation comme celle-ci. J'étais parfaitement conscient qu'il n'y avait rien d'amical entre nous et qu'on allait se taper dessus ; l'idée me réjouissait carrément. Alors pourquoi je lui en veux ?

Steve - je commence à ma lasser de ce surnom d'ailleurs - délaisse mes poignets et se relève, reculant de quelques pas. Je me redresse à mon tour, le regard oblique, ne quittant pas une seconde la méfiance me tenant en alerte. Je suis libre ? Vraiment ? Je cille, désœuvré, mes mains hâlées s'échouant sur les pans de mon sweat pour l'épousseter. Il est fichu. Le tissu est maculé de saleté non identifiée dont je ne souhaite même pas connaître la provenance ; percuter ce sol dégueulasse m'aura coûté mon cher sweat bordeaux. Je me relève dans un autre soupir blasé, et viens masser ma tempe douloureuse en grimaçant. De l'autre main, j'essuie le sang s'écoulant de ma lèvre inférieure.

Va-t’en, maintenant. Mais ne crois pas pouvoir m’échapper. je ne vais pas te lâcher. Je ne te laisserai pas m’oublier.

Je serre les poings. La seule chose qui me retient de lui en coller une, là, c'est les éclats de voix s'élevant non loin de nous. J'ai pas envie d'me faire arrêter après avoir cogné un flic devant témoins. J'hésite à lui rappeler que je disparaîtrais, s'il me laisse me carapater. Qu'il me reverra plus jamais. Mais finalement, je préfère qu'il s'en rende compte tout seul, lorsque des semaines se seront écoulées sans qu'il ne parvienne à me trouver. De toute façon, je suis certain que d'ici là, c'est lui qui m'aura oublié. On parie ?

Je gagne la sortie de la ruelle, sans quitter cette raclure du regard, rétorquant finalement quelques mots à sa tirade :

Navré mais j'ai la mémoire sélective. Oh, t'en fais pas. Je te rajoute quand même à la longue liste des enflures que j'dois buter.

Et je fais volte-face, quittant le terrain de notre altercation dans un dernier "A très bientôt, Omawarisan", la voix teintée de mépris. Sans me retourner, je rejoins le tumulte de la grande place. Le visage fermé, je retire avec virulence mon sweat sali que je jette dans la première poubelle croisée. Je rajuste ensuite mon t-shirt noir, me fraye un chemin dans la foule, bousculant les fêtards qui ralentissent ma progression précipitée. Je suis tendu, énervé, et une seule chose m'anime à cet instant : m'éloigner le plus loin possible de ce Steve qui a mis mes nerfs en compote. J'ai juste envie de me descendre une autre binouze et m'affaler sur mon canap', histoire d'oublier ce regretté incident.

Remettre de l'ordre dans mon esprit et retrouver ma si tendre solitude.


~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~♦~

mon coeur est passé sous le métro. #384C83 " Je fais ce que je peux. Avec mes silences et le reste. Avec mes peurs de bête. Avec mes cris d'enfant qui ne débordent plus. Je fais ce que je peux. Dans ce petit bain de cruauté et de lumière. Dans les éclats de verres et de mensonge. Dans la délicatesse. Dans la violence du temps qui piétine nos rêves. Dans nos petits pataugements précieux. Un matin après l'autre. Un oubli après l'autre. Un mot sur le suivant. Je fais comme tout le monde. Avec le ciel et sans les dieux."
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MessageSujet: Re: Childish War ∞ Aaron   Dim 9 Juil 2017 - 16:02

Des menaces. Plus de railleries, de bravades, juste de banales menaces. Je devrais peut-être avoir peur, ne serait-ce qu’un peu : ce n’est pas le premier caïd venu, qui est en train de me promettre le cimetière. Mais tout ce que je vois, c’est que je l’ai eu. Je lui ai fait perdre ses moyens, c’était tout ce que je souhaitais.

Après m’avoir craché sa haine, il se retourne et s’en va enfin. Je le regarde s’éloigner, fixant les tâches à l’arrière de son pull. Le même genre de crasse doit maculer mon propre dos, sans parler du bleu que je sens naître au coin de ma bouche et la coupure de ma lèvre. Je ferais sans doute mieux de trouver une excuse à sortir à Kudo mais je n’en ai aucune envie. Je ne lui demanderai pas ce qu’il a fait pendant mon absence, il n’a pas à me le demander. Les partenaires doivent se faire confiance, c’est mon premier principe. Enfin, le deuxième. Le premier étant : ils doivent se lâcher la grappe.

Je tire un peu sur mon gilet pare-balle pour le remettre en place, me passe la main dans les cheveux, bref, remets un peu d’ordre dans ma tenue. Je ne veux pas laisser croire que je me suis battu comme un chiffonnier, même si c’est à peu près ce qui s’est passé. Ce n’est pas ce que je veux retenir de cette rencontre.

Je rallume mon talkie. Immédiatement la voix de Kudo en sort et m’invective. Ignorant ses remontrances, je lui demande où il est, pour pouvoir le retrouver. Je me mets en route d’un pas lent, songeur. Ce tête-à-tête a servi à quoi, finalement ? Nous avons pu nous voir d’un peu plus près mais chacun de nous a surtout fait attention à ne pas trop en révéler. J’aurais tendance à dire qu’il a échoué. J’ai eu un premier aperçu plutôt précis de son caractère : il aime faire le bravache, son expression faciale favorite est le mépris mais se sentir acculé lui fait perdre ses moyens. Voilà qui me sera utile.

Tout à coup, alors que je débouche dans une grande artère, je me demande ce que moi, j’ai bien pu révéler. J’aimerais croire que je suis resté froid, impénétrable, mais je ne peux pas nier que je suis sorti de mes gonds une fois ou deux. Sans parler de ma stratégie elle-même, qui peut être révélatrice de plus que je ne voudrais. Merde, faut pas que je me détende trop. Je mène la danse, pour le moment, mais c’est dans ces moments-là qu’on est le plus vulnérable. Je doute qu’il veuille vraiment me tuer, il va sans doute préférer m’éviter comme la peste, mais il peut me révéler encore quelques surprises. À partir de ce soir, je dors les fenêtres fermées.
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Childish War ∞ Aaron
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