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 On tue les parasites à coups d’insecticide. [RP SOLO]

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MessageSujet: On tue les parasites à coups d’insecticide. [RP SOLO]   Ven 17 Mar 2017 - 21:33

Tueurs à gages. Décérébrés. Fous. Psychopathes. C'est comme ça que la populace flippée nous appelle, et c'est avec leurs yeux horrifiés mêlant dégoût et stupeur qu'ils nous découvrent dans les journaux. En Une ou dans les cases « faits divers » de leur torchon mal rédigé. Nouveau meurtre. Sanglant. Certainement l’œuvre d'un putain de malade mental, qui d'un point de vue manichéen est forcément du côté du mal. Oh, le vilain garçon. Et puis ça s'insurge, ça s'offusque d'une société trop violente, ça se badigeonne d'une autre couche d'hypocrisie parce que tuer des gens c'est pas gentil hein, dans la vie faut marcher droit et être médecin ou avocat. Un peu de philo de comptoir, de psychologie sortie de nulle part, des connards adeptes de la branlette intellectuelle dressent nos profils et croient nous comprendre après avoir lus quelques bouquins à la con, pauvres fils de putes ignorants.

Je vais t'expliquer un truc.
Nous les tueurs à gages, les fous furieux, les bons à interner, on fait c'que toi t'as pas les couilles de faire. On fait le ménage. Dans le calme. On jette les déchets. On balance les poubelles dans la décharge. Grâce à nous, petit tocard, tu peux acheter tes viennoiseries après vingt-trois heures sans risquer de te faire racketter, parce que les p'tites racailles flippent de croiser un plus gros poisson qu'eux, et que les plus dangereux finissent par crever de mes mains. Ou plutôt de « nos » mains. Les électrons libres. Les aliénés, comme tu aimes les appeler n'est-ce pas, parce que c'est cool d'utiliser un mot savant devant tes copains bourgeois, ils se sont juste affranchis de la culpabilité. Les psychopathes que nous sommes, ils portent juste leurs couilles et savent appuyer sur la détente lorsqu'une pourriture fait un peu trop de vagues. Voilà ce que nous sommes.

Il fait nuit noire à Koyane. Une nuit sans lune, une atmosphère trop calme, trop suspecte quand on sait que je suis devant un restaurant à l'allure mondaine dirigée par ces messieurs les Yakuzas. Oh, personne ne se doute de rien dans le quartier. C'est un endroit populaire, une bonne cuisinière et des bons produits, une carte alléchante et hors de prix, on est loin d'imaginer qu'à l'arrière-boutique des mecs tatoués jouent au poker en misant des sommes astronomiques, flingue à la ceinture. Quoi, t'as cru que la mafia vivait recluse dans un seul district ? T'as strictement rien compris à la vie. La mafia, elle est implantée partout. Elle corrompt le gouvernement, et se paye le luxe de posséder quelques établissements devenus des usines à fric. Et puis elle a son siège à Inazami, pour être plus tranquille. Tapie dans l'ombre. Discrète mais omniprésente. Invisible mais omnisciente.

Je pousse la porte du restaurant, et m'engouffre dans la chaleur d'un endroit agréable, éclairé par une lumière ocre et reposante, l'genre de lieu très traditionnel fréquenté par les touristes. C'est silencieux, la salle principale est déserte, mais je sais pertinemment où se trouve un des groupes les plus dangereux de l'Archipel. Prudemment, j'amorce quelques pas vers la porte du fond, et débouche sur un couloir sombre embué d'une forte odeur de tabac. La seule pièce adjacente à ce couloir lugubre laisse entrevoir de la lumière et je m'empresse donc de tuer la distance entre moi et la porte pour refermer ma main sur la poignée, et l'ouvrir d'un coup sec.

On t'attendait.

Ils ne sont que deux. Assis sur un canapé en cuir noir, devant une table basse remplie de paperasse bariolée de kanjis. Je devine que j'arrive après une de leur réunion et, méfiant, je m'approche, les mains le long du corps et le regard assuré. C'est très important de garder les mains bien visibles, parce qu'il suffit que ces gens-là doutent de toi, qu'ils croient que t'as une arme planquée que tu vas dégainer pour qu'ils te butent avant que t'aies eu le temps d'amorcer le moindre mouvement.

Pourquoi serait-il judicieux de t'engager toi, et pas un autre ?
Vous m'avez contacté pour un boulot, pas pour me tester. Je n'ai rien à vous prouver.

Mon interlocuteur sourit mais n'a pas l'air convaincu. S'en suit une menace à peine voilée, pour me faire comprendre que je ne suis pas en posture de négocier quoi que ce soit. Je fronce les sourcils, je ne me démonte pas. C'est pas un Nippon de merde et du haut de son mètre soixante qui va m'faire assez peur pour que je chie dans mon froc.

J'ai réglé leur compte à pas mal de gens, vous pourriez bien braquer une arme sur moi mais si j'avais une dent contre vous, c'pas ça qui m'empêcherait d'avancer. Je remuerai ciel et terre, vous ne seriez plus en sécurité nulle part si je m'attaquais à vous.

Je croise les bras, penche à demi la tête et leur adresse un regard profondément insolent.

Pour m'arrêter faudrait me tirer dessus, mais vous auriez tort de pas me tuer parce qu'à notre prochaine rencontre, c'est moi qui vous tuerai.

Un blanc s'installe. Le silence s'impose, et j'ai planté mes yeux dans ceux du « chef », si intensément qu'on aurait dit qu'une bataille de regards s'était instaurée. On se jauge, on soupèse les paroles, ils cherchent sûrement à discerner la provocation de la vraie menace, d'un péteux trop sûr de lui et de quelqu'un qui sait très exactement ce qu'il a à faire. Au terme de nombreuses minutes oppressantes, écrasantes et qui ont le temps de couper mon souffle à plusieurs reprises, le voilà qui se penche lentement, faisant crisser le cuir sur lequel il est assis.

Ce que j'attends de toi c'est que si je te dis de dessouder un type, tu le fasses sans poser de question.
Je sais faire.

Il ricane, moqueur, sûrement amusé par mon allure de gosse trop confiant, mais je ne bouge pas d'un poil et le scrute avec la plus grande détermination. Sa main vient empoigner une photographie et il me la tend en souriant.

Tue-le. C'est un parasite, un déchet qui croit avoir une influence ici mais, il est si malléable qu'il pourrait dénoncer nos méfaits si la police mettait la main sur lui.

Je tends le bras et m'empare de la photo, prise en mode paparazzi compte tenu de l'angle de vu particulièrement éloigné. Matt. Alors voilà comment il est vu par les pionniers du crime organisé, ce petit connard d'à peine quelques années mon aîné et qui se croit plus intelligent que les autres. Sur le moment, moi aussi j'ai envie d'éclater de rire. J'te jure, ce mec en vient à me faire pitié. Je me souviens de toutes les fois où il me prenait de haut, m'ignorait parce que la drogue était plus importante que quiconque, et jouait avec ses échecs en comparant la vie à un jeu, se croyant être le Fou… Je me mords la lèvre. Il faut que je garde contenance, que je reste professionnel. Surtout, ne pas rire. Matt. Tué par son « petit frère ». Surtout… ne pas rire.

 Je m'en occupe ce soir. Je vous enverrai une photo de son cadavre, alors restez à proximité de votre portable, messieurs. Sur ce...
Et tes tarifs ?
Vous les connaissez très bien.

Et je fais volte-face, quittant l'établissement à la hâte… pour exploser de rire une fois sorti. Mon hilarité pulvérise le vent frais qui lacère mon visage, j'en ai mal au ventre tellement je ris putain, si tu savais à quel point l'ironie de la situation est grotesque ! Je reprends ma marche en pouffant, en gloussant, me dirigeant tranquillement vers Inazami, là où vit ce déchet de l'humanité.

Les gens m'ont cru proche de lui. Une sorte de grand-frère. Lui, il se prenait… ah, pourquoi je parle de lui au passé ? Il est pas encore mort, malheureusement. J'reprends. Lui, il se prend pour le plus influent chef de gang du Royaume-Uni. Il est arrogant, limite il façonnerait son piédestal tout seul, avec des squelettes en plastique parce que ça fait stylé. Il est là, à se pavaner, un joint à la main, pétant plus haut que son cul et se branlant certainement en pensant à ses exploits. Oh lui, il a tué plein de gens, et puis il est tellement trop intelligent de la vie, c'est trop un philosophe, tu peux pas comprendre. Puis on est tous des pions, et il nous surplombe parce que lui il a toujours raison, il est trop dark de la vie mais il le vaut bien, il se fight comme dans matrix et il est trop torturé et tourmenté, genre il a trop de responsabilités. On dirait qu'il a voulu copier Jake, sauf que le Despote est cent fois plus crédible que lui. Il se voit comme un oiseau de mauvaise augure, mais les gens ne voient en lui qu'un pigeon qui, au mieux, parvient à faire râler autrui à force de chier sur leur bagnole. Comme ce yakuza l'a si bien dit : c'est un parasite. Une mouche. Genre c'est chiant, c'est là puis ça t'emmerde, t'essayes de la jarter d'un geste de la main puis un jour elle te saoule tellement que tu lèves ton cul et chope la tapette. VLAN. Plus de mouche.

Tu veux que j'te dise ce qu'il est vraiment ? Son gang, il le doit qu'à son frère. Il a jamais eu les couilles d'assumer son statut de chef donc il se cachait derrière onii-chan. C'est un junkie, la drogue le fait tellement planer qu'il se croit doté d'une intelligence et d'une force à toute épreuve. Il s'est inventé plusieurs maladies mentales pour justifier sa connerie, et se cacher, là encore, derrière ces excuses pour qu'on ne lui reproche pas sa déviance lamentable. Il est persuadé d'avoir le dessus sur autrui, à tel point qu'il ne se méfie de personne. Même pas de son p'tit frère, j'ai nommé… moi. À force d'ignorer les autres, on zappe aussi leurs menaces.

Arrivé à Inazami, je sors mon flingue, le laissant bien visible, juste histoire de dissuader les racailles de venir m'approcher. Je sais exactement où habite ce tocard, donc je m'y rends directement ; je n'aime pas les détours inutiles. Je n'ai pas encore réfléchi à la manière dont je vais le tuer. Si je vais me contenter d'une balle dans la tête, si je vais l'étrangler, lui briser les os, lui trancher la fémorale ou la jugulaire, j'me suis pas encore décidé. J'sais pas trop si je veux quelque chose de propre, ou si un carnage ne serait pas mieux. Oh, j'me tâte, j'réfléchis, puis j'improviserais une fois arrivé.

Le calme est plat, le froid est mordant, et j'avance dans le district, serein. J'entrevois l'immeuble de mon « frère » et m'engouffre dans le hall, montant tranquillement les escaliers. Je suis tranquille. Aucune bouffée d'adrénaline, pas la moindre once d'hésitation ; tuer Matt est aussi anodin que d'aller chercher du pain. Une simple formalité, avant de m'en retourner à un quotidien banal. Regarde, grâce au tueur à gages que je suis, tu pourras te balader tranquillement demain. Une pourriture de moins, une menace éradiquée pour une routine paisible. Heureusement que les psychopathes sont là pour faire le ménage à ta place, n'est-ce pas ?

J'ouvre la porte de l'appartement, sans m'annoncer. Il sait très bien que c'est moi qui m'invite chez lui ; je suis son seul… « ami » ? De nouveau, j'ai envie de pouffer de rire. Mordillement de lèvre inférieure, une nouvelle fois, j'entre et je le vois. Il est là, affalé sur le canapé comme la larve qu'il est, une bière à la main.

Hé, Matt.

Il lève les yeux vers moi, et c'est à cet instant que je braque mon arme sur lui, un sourire dément placardé sur mes lèvres. C'est jouissif, c'est hilarant, sa face qui se décompose, qui se défigure, ses traits qui se crispent et ses yeux qui s'écarquillent, il est si… grotesque ! La dernière expression faciale imprimée contre son visage sera l'écho d'une désillusion sans nom, et je lui laisse quelques secondes, le temps qu'il comprenne, qu'il se rende compte à quel point il n'est rien, et que je vais l'écraser ici et maintenant…

J'pourrais t'expliquer le pourquoi du comment tu vois, mais j'ai pas trop le temps, parce que dans une heure j'dois retourner à Amai pour rouler une pelle à celui dont t'es tombé amoureux, eeeet… 'Fin, t'es inutile et tout l'monde te trouve chiant alors… bah j'me débarrasse du chewing-gum sous notre semelle. Bye !

Et je presse mon doigt sur la détente. La balle est propulsée hors du canon et vient se loger directement dans le crâne de ce roux à l'hygiène douteuse. Son visage est figé dans une moue suppliante, et je lève les yeux au ciel, consterné par ce manque de dignité. Même dans la mort il est pathétique. Je range mon arme, m'approche de lui en enjambant le bordel monstre de son appartement, et prends une photo de son cadavre inanimé. Hop', je tapote sur le clavier tactile de mon smartphone et envoie le tout à mon employeur.

« Travail terminé. Merci de me fournir l'ordre de virement. »

Demain, mon compte sera crédité d'une coquette somme, s'échelonnant sans doute à un an de salaire moyen pour un Nippon lambda. Juste en appuyant sur une gâchette. Elle est pas belle la vie ?

Je prends le temps de fouiller l'appartement, de prendre son argent à lui, quelques armes, ainsi que son portable, qui me servira parce que je ne compte pas m'arrêter là ; il est temps de démanteler le gang minable de son frère et quoi de mieux pour ça que de foncer dans le tas ? Je cherche un certain « Alexander » dans ses contacts et je lui envoie la photo d'un Matt sans vie sur le sol de son salon miteux, accompagné de la mention « Je sais où tu es. » pour commencer le jeu comme il se doit. Tout en finesse.

Et puis je file dans sa chambre, ignorant la poupée gonflable au bord d'un lit poussiéreux pour choper un bidon d'essence. Môsieur a toujours été pyromane en herbe. Encore un trait de caractère piqué à Jake. Le mimétisme c'est mal, tu sais ? Je renverse le liquide sur le sol et les meubles, en fredonnant une comptine pour enfant. Maman les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes'euh… et l'essence qui se déverse, qui noie chaque centimètre carré de l'appartement, qui s'infiltre sous chaque table, chaque commode… Je prends soin d'en mettre aussi sur le cadavre, et balance le bidon vide dans un coin, avant de sortir de l'appartement en sifflotant. Une fois sur le seuil, je sors mon zippo et… le feu. Qui apparaît instantanément, menaçant, comme si je l'avais invoqué.

Je reste là, immobile, contemplant le spectacle magnifique qui se déroule devant mes yeux luisants d'admiration, et je me dis que Jake aurait adoré voir ça. Un petit sourire rêveur vient étirer mes lèvres et je ferme les paupières, profitant de la chaleur des flammes embrasant l'atmosphère hivernale de l'extérieur. Et c'est en inspirant que je grimace, un petit air dégoûté traversant furtivement ma face.

Ça sent… le cochon brûlé.

- - -

Quelques minutes plus tard, me voilà qui déambule dans les rues d'Inazami, en direction de Koyane.
C'est là que je sors mon portable, et que je l'appelle.
Jake.

Je l'ai tué.
Qui ça ? ›  
Matt. Craquinette. Le roux chiant. Le déchet enfin t'as compris mhh.

Silence au bout du fil, mes pas se font soudain plus lents, comme si je redoutais sa réaction. Je crains une remontrance, je déglutis, et j'attends encore quelques secondes avant d'avoir droit à une réponse. Sa voix, un tantinet plus aiguë que d'ordinaire, traduit sa curiosité.

Tu as pris un selfie avec son cadavre au moins, dis ?

La paume de ma main s'écrase alors contre mon front.

Oh putaaain non j'ai oublié !

Et je l'entends éclater de rire, rire jusqu'à ce que sa voix s'étouffe et se brise.

Bon dépêche-toi de venir, tu me raconteras tout ça de vive voix. Je t'attends, chaton.

Les parasites en cendres et la vie continue.

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mon coeur est passé sous le métro. #384C83 " Je fais ce que je peux. Avec mes silences et le reste. Avec mes peurs de bête. Avec mes cris d'enfant qui ne débordent plus. Je fais ce que je peux. Dans ce petit bain de cruauté et de lumière. Dans les éclats de verres et de mensonge. Dans la délicatesse. Dans la violence du temps qui piétine nos rêves. Dans nos petits pataugements précieux. Un matin après l'autre. Un oubli après l'autre. Un mot sur le suivant. Je fais comme tout le monde. Avec le ciel et sans les dieux."
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